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Dimanche 4 novembre 2007

Lundi, invitée chez Sato-San, ma professeur de japonais, j'ai eu la chance et la très grande joie de pouvoir - moment unique - revêtir un kimono. Sato-San domo arigatô gozaimashita. Les kimonos sont fabriqués en soie, cousus à la main et souvent rebrodés. La longueur de leurs manches tout comme la façon dont sont noués les OBI (cet énorme noeud qui ceint la taille) caractérisent les femmes qui le portent : jeunes ou âgées, célibataires, mariées ou veuves. Vêtir un kimono relève presque d'un art et requiert un long apprentissage... Rien ne laisse deviner les 2 sous-kimonos en soie, et les huit ceintures portées ce jour là. Vendredi, Izumi m'a fait découvrir la cuisine taïwanaise, fort différente de sa cousine japonaise. Très vinaigrée, épicée, elle a par nature vocation à soigner le corps aussi bien qu'à le nourrir. Le dessert reste lui par contre aussi délicieusement bizarre que les entremets japonais. Izumi m'a ensuite entraînée dans un lieu de perdition : une toute petite pâtisserie à la décoration soignée, où les créations rivalisent d'inventivité et où surtout tout un chacun est accueilli en se faisant proposer une demi-douzaine de chocolats et gâteaux à goûter. C'est la semaine de la culture à Tokai. Samedi, nous avons ainsi visité une grande exposition sur l'artisanat et le milieu associatif locaux. Et comme partout, c'est chaussé de délicieuses tatannes en plastique que se déroule la visite. Parmi les peintures, les poteries, l'ikebana, les calligraphies, les photographies, le patchwork et j'en passe, c'est l'art du bonsaï qui a retenu notre attention, avec de superbes spécimens. A l'extérieur du hall d'exposition, démonstration de fabrication des SOBA, fines nouilles de sarrasin, servies froides ou chaudes avec du bouillon de poisson et de la sauce de soja. La pâte est préparée à la main, simplement en ajoutant très progressivement de l'eau à la farine de sarrasin.

Cette pâte est ensuite étalée... ... jusqu'à ce qu'elle devienne très fine et parfaitement carrée. Elle est alors repliée plusieurs fois sur elle-même avant d'être coupée en fines lanières, une planche en bois servant de guide. C'est prêt ! Dimanche, une fois encore guidés par la famille Tani, nous sommes partis à la recherche de nos premiers MOMIJIS, érables aux toutes petites feuilles devenant rouge vif à l'automne. Comme au printemps pour les fleurs de cerisiers, les japonais se pressent pour admirer l'éphémère flamboiement des érables. Et là encore, des cartes d'avancée du front de rougeoiement sont publiées quotidiennement dans les journaux ou consultables sur les sites météo internet. Direction donc le mont Tsukuba, que nous avons vaillamment atteint... en télécabine ! (Bon, nous avons pas mal marché après et d'ailleurs, on a mal aux épaules aujourd'hui : Nathan et Emilie commencent à être lourds à porter !) Et voici ces fameux érables ! Mais on n'en verra malheureusement pas autant qu'espéré... En route vers le sommet avec... nos angelots...

Petit temple tout au sommet du Tsukuba-San. Les alentours du Tsukuba-San sont célèbres pour... leur grenouille ! Ci-dessous, si vous laissez divaguer un peu votre imagination, vous verrez que ces rochers  ressemblent vaguement à une tête de grenouille, dans la bouche de laquelle les promeneurs jouent à lancer de petits cailloux ! Je vous le disais bien, qu'elle était célèbre, la grenouille ! Pourquoi ? Parce que dans des temps peut-être pas si reculés que ça, la région était connue pour ses onguents fabriqués avec de la graisse de grenouille. Epuisantes, ces randonnées en sac à dos, n'est-ce pas Koutaro ? N'est-ce pas Emilie ? Mais dès l'arrivée, la forme était retrouvée ! Pour finir, deux images particulièrement représentatives du Japon. La première est celle d'une famille venant prier et apporter ses offrandes au sanctuaire shintô avant de se faire photographier en kimono ou en costume très chic, à l'occasion du Shichi Go San. Il s'agit, durant tout le  mois de novembre, de célébrer les âges de 3 ans (San sai) et 7 ans (shichi sai) pour les filles, et cinq ans (go sai) pour les garçons. La deuxième image est celle d'une enseigne de patchinko (entre l'immense salle de jeu pour adultes et le casino, où seuls des sortes de flippers typiquement japonais sont utilisés ; bondé à toute heures du jour et de la nuit, quelque soit la saison) hâchée de fils électriques qui zèbrent systématiquement l'horizon.

Par Sophie Georgenthum - Publié dans : journal hebdomadaire
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